Au Four et au Moulin

Depuis le passage de la zone interdite du DST Cap Finisterre, c'est à la queue-leu-leu dans la descente...
Mais ça ne marche pas tout seul, ces petites bêtes là!! Le vent est soutenu et les bateaux vont vite, il faut donc "être dessus" pour ne rien laisser échapper: constamment s'assurer qu'on navigue au bon angle, avec la bonne voile. Des voiles, y en a quand même cinq parmi lesquelles il faut choisir. Ce sont celles de devant (solent, gennaker, code 5, spi medium, spi max, autant de nom barbares pour aller de la plus petite plate à la plus grosse creuse). Celle de derrière, la principale (la grand-voile) ne fait que monter et descendre du 3éme étage au rez-de-chaussée selon que le temps est de demoiselle ou de matrone.
Parallèlement à ça, vérifier le chargement des batteries pour le pilote automatique qui tient la barre quand Bertrand fait autre chose (au moins dormir de temps en temps). C'est le soleil qui s'en charge grâce aux panneaux mais il faut parfois compléter par un démarrage du groupe électrogène embarqué. Après plusieurs jours de mer, il faut inspecter les points d'usure ou de fragilité du navire. Il faut aussi soigner le cerveau du bord: l'abreuver, le nourrir, un peu d'hygiène corporelle. C'est souvent lui la variable d'ajustement que l'on néglige alors qu'en mode marathon, c'est la clé.
Comme il lui reste trop de temps à tuer après tout ça, Bertrand va courir les ondes radios pour recueillir quelques précieuses prévisions météos. Tout l'enjeu des heures qui viennent tourne autour d'une poche sans vent autour de Porto qui va grossir et s'étaler dans les heures et jours qui viennent. C'est pour ça que la flotte s'éloigne de la route directe vers l'Ouest. Le jeu consiste à l'éviter d'abord, pour la traverser au plus court et au moment le plus propice ensuite. Voir même, trouver un trou de souris (une veine de vent) permettant de s'échapper vers le Sud.
A ce jeu, il y a deux exemples opposés et audacieux parmi les concurrents: Nolwenn Cazé qui a choisi très tôt hier de "faire de l'Ouest", contournant même le DST par l'extérieur contrairement à l'immense majorité. L'autre, qui plonge plein Sud, c'est Erwan Le Mené, qui tente de raccourcir la route, estimant qu'il arrivera à se frayer un passage dans les calmes. Sa décision radicale s'explique peut-être car il mène le bateau vainqueur (un peu surprise) de l'édition précédente, qui a un "nez pointu", contrairement aux plus rapides (car ce sont des "nez ronds" plus récents). Or, dans le bon vent d'hier, ils ont déboulé sur lui comme des balles, ça l'a peut-être incité a tenter "un coup" qui sera de maître au mieux et remarquable de culot au moins. Ces deux bateaux marquent les extrémités latérales de la flotte. Où se positionne notre Bertrand favori dans tout ça? Je vous le donne en mille: au milieu!!!

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