What else...

Le chemin vers la qualification à la Mini Transat 2017 continue...

Je vous rappelle les faits : il me faut réaliser 1 000 miles nautiques en course (dont au moins un course en solo et dont au moins une course de 500 miles ) ainsi que 1 000 miles hors course en solo sur un parcours défini.

Pour ce qui est de la première partie, mon compteur était resté à 300 miles en solo (donc 1 case de cochée...). Pour la seconde, nous en reparlerons cet été...

J'ai donc pris part la semaine passée à la Mini Fastnet, course en double de 600 miles (1 080 km).

Cette course passant par l'Angleterre, puis l'Irlande contourne le fameux phare du Fastnet ( rocher mythique pour les marins)

la photo n'est pas de moi, mais vous comprendrez plus tard !!!

Bref, j'ai donc embarqué Cyril (brave parmi les braves) pour cette nouvelle aventure nautique.

Départ : dimanche 19h

  • trop pressée d'en découdre, la plus part de la flotte vole le départ. Nous n'étions pour notre part pas trop mal placé...
  • second départ : catastrophe... pas dans le bon timing, bloqués au pied du bateau comité, nous partons en second rideau. Peut-être un mal pour un bien, car nous pouvons prendre la gauche du plan d'eau (suivant les recommandations de "Coach Jean"). Un premier point positif durant cette remontée au plus près du vent : nous avons comblé une partie de notre déficit à cette allure et sommes plutôt à l'aise (le vent étant aussi de la partie, nous pouvons faire parler le poids la puissance de l'équipage).

  • Arrivés à la première marque de parcours, il est grand temps d'envoyer une voile d'avant supplémentaire. Peut-être grisés par notre aisance au près, nous ne sommes pas tout à fait prêt et perdons quelques places durant la manœuvre. La remontée se vers le chenal du Four se fait tranquillement dans le milieu de la flotte.
  • Chenal du Four : au briefing du matin, il nous avait été promis l'enfer un passage plutôt agité avec timing serré (au risque de se retrouver avec la marée dans le mauvais sens) : vent fort, mer forte (2,5 m de houle) et surtout un ferry prioritaire en sens inverse... Heureusement, il n'en fut rien et le passage de ce tant redouté chenal fut presque idyllique (note de Cyril: ceci grâce à une navigation millimétrique brillamment préparée par le skipper).

Round 1 : La Manche

  • Choses promises, choses dues! Les conditions furent rudes : du vent jusqu'à 30 nds (55 km/h), une mer croisée avec 2 m de houle le tout sur plus de 100 miles.
  • En total adéquation avec mon plan de route 2016, nous avons choisi de rester conservateur : pas de voile d'avant délirante et au plus près de la route. Ainsi c'est sous Gennaker avec Solent haut et 2 ris dans la Grand voile que nous avons abordé ce passage, laissant les plus aguerri envoyer plus de toile afin d’accélérer franchement quitte à s’éloigner de la route (mais avec le risque de trop solliciter le matériel). Je vous rassure tout de suite nous avons quand même réalisé des pointes à 12-13 nds (là ou les autres ont tutoyés les 18 nds...), ce n'était pas du convoyage tranquille et calme!
  • Surprise : cette fois-ci ce ne seront pas les dauphins que nous croisons au petit matin mais un concurrent de la solitaire du Figaro. Enfin aperçu car la brume nous confirme que nous sommes bien en direction de la Perfide Albion
  • Nous atterrissons donc non loin de Wolf Rock (autre caillou célèbre des marins à l'extrémité anglaise de la Manche) pour entrer dans l’étroit passage entre la côte et les îles Scilly. Passage plutôt calme, voir un peu mou, mais poussés par le courant.

Round 2 : Mer d'Irlande

  • Un peu moins de vent, un peu moins de mer, mais un peu plus d'attaque : un passage de front rapide sous Gennaker dans 25-27 nds de vent qui nous a permis de recoller au petit groupe devant : 626 - Fée Révée, 721 - Extasea (encore et toujours Martin) et 821 - Trebunnec entres autres et de rester avec eux jusqu'au fameux rocher.
  • Fastnet : un passage du fameux cailloux marquant le point de retour vers la Bretagne vers 1h du matin mardi. Pas la chance, ni le temps d'admirer le paysage et un long bord de plus de 200 miles devant nous

Le phare du Fastnet copyright BdeuxS !... je vous avais prévenu !

Troisième Mi-Temps : Gueule de Bois

  • L'attaque de ce long bord est un peu nouveau pour nous et malgré les recommandations d'avant course (encore "Coach Jean"), nous suivons une route plutôt directe vers le DST de Ouessant. Ce Dispositif de Séparation du Trafic maritime ayant pour but de concentrer les navires de commerce sur des routes définies afin d'éviter les abordages, nous était interdit. Il nous a donc fallu le contourner, tout en croisant quelques beaux spécimens de navires (300 m et plus, marchant à 20 noeuds)... voir des rencontres improbables !

Le mécano flottant...une passion d'ingénieur marin ?!?!

  • Certains de nos concurrents, plus respectueux des consignes ont suivi une route plus nord pour réaliser une sorte de "cuillère" et nous passer par la même occasion.
  • Un peu pris dans le jeu du groupe auquel nous appartenons, nous ne tirons pas avantage de notre canot et de ses voiles, s’accommodant mieux d'un trajectoire différente des autres bateaux et perdons une partie de l'avantage chèrement gagné lors de la montée vers le Fastnet... L'apprentissage... Encore et toujours !
  • Une fois le DST paré (ce qui ne fut pas le cas d'un concurrent, qui d'ailleurs écopa d'une pénalité), route direct vers Douarnenez... Malgrè un vent mollisant, nous estimons alors notre arrivée Jeudi dans la nuit.
  • A l'approche de la baie, ce fut une tout autre histoire : panne de courant, ventilateur éteint ! Alors que presque touchant au but, nous nous retrouvons à la merci du courant, un temps nous poussant loin des cotes...puis nous y rapprochant dangereusement. La nuit fut passée a essayer de faire avancer le bateau dans ces petits airs, tout en ayant un œil sur le l'ancre et son mouillage et en calculant quelles ficelles du bateau nous allions pouvoir utiliser si d'aventure il fallait s'en servir (NDLR : l'ancre est fixée à 34 m de mouillage, mais nous avions 70 m de fond !!)
  • Bref après une dernière nuit épique et quelque peu douloureuse, voyant le retour du groupe de bateau resté loin en arrière (satané effet de passage à niveau) nous passons la ligne Vendredi matin à 7h.
  • Merci au Winches Club, organisateur de la régate, qui nous attendait avec des remontants bien agréables (poulet basquaise et bières)

Epilogue :

Tout n'a pas été parfait, mais le contrat de départ est rempli : engranger ces 600 miles en prenant du plaisir et sans rien casser sur le bateau.
Bien sur nous aurions pu être plus incisif la première nuit, ne pas nous laisser embarquer dans un route impossible pour notre bateau dans la descente du Fastnet, mais je crois que tout cela fait parti de l'apprentissage nécessaire afin d'être tout à fait prêt pour la Transat !

Si l'on fait les comptes cette fois-ci :

  • Miles en course : 900/1 000
  • Course en solo : 1/1
  • Course de plus de 500 miles : 1/1
  • Qualification de 1 000 miles : 0/1

Au fait, le classement de ces 4 jours et 5 nuits en mer : nous avons fini 41ème sur 57 au scratch et 34ème sur 51 en Mini de série.

La vidéo à suivre rapidement...

Rendez-vous cette été pour la suite des navigations !

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